Cette histoire a été réalisée par les enfants du Réseau d'Ecoles Ar'BDH en 1993.

Chaque école envoyait à tour de rôle sa suite de l'histoire par fax.

Aziouk, la petite bengali

Chapitre 1 Billiers

Un jour, dans la grande forêt près de son village, Aziouk, la petite fille bengali, ramassait du bois pour le feu.

Soudain, elle entendit des rugissements de tigre et des barrissements plaintifs. Elle s'approcha doucement en se cachant derrière les arbres.

Elle découvrit un éléphanteau blessé : il avait été attaqué par un tigre. Alors, elle alla chercher des feuilles et des herbes médicinales pour le soigner.

Puis, elle lui apporta de l'eau et rentra chez elle en lui disant : « Reste ici, je reviendrai demain. »

 

Chapitre 2 Houat

Le lendemain matin, Aziouk et son ami Ray arrivèrent auprès de l'éléphanteau. Les deux enfants nourrirent l'animal avec des fruits et des légumes.

Du haut du palmier une noix de coco tomba et se brisa en deux contre un caillou. Aziouk la ramassa et la donna à l'éléphanteau. Mais il ne voulait pas manger, il ne but que le jus. Aziouk et son ami Ray commençait à avoir faim, ils mangèrent des fruits de l'éléphanteau.

Quelques heures plus tard, le tigre revint. Le félin s'avançait à pas feutrés, ses babines retroussées, ses crocs pointus, mais tout à coup, la maman de l'éléphanteau surgit des buissons. L'eau jaillit de sa trompe et mouilla le tigre qui s'enfuit à toutes pattes.

Soudain, on entendit un coup de feu...

 

Chapitre 3 Damgan

« Un chasseur » dit Aziouk !

Les deux petites filles partirent en direction de la rivière avec l'éléphanteau et sa maman.

Ils traversèrent la rivière pour échapper au chasseur.

Ils marchèrent longtemps, longtemps jusqu'en haut d'une colline.

Aziouk et Ray cherchaient leur maman depuis 1947 quand le Bengale avait été rattaché à l'Inde.

Ils aperçurent un village.

Ils descendirent la colline.

Les deux enfants rencontrèrent une indienne qui leur dit :

« Venez manger au village. »

Aziouk demanda à l'indienne si il n'y avait pas une dame qui s'appelait Erica.

L'indienne lui répondit : « Oui, suivez moi je vais vous la montrer. »

Aziouk et Ray étaient très heureuses de revoir leur maman.

Elles construisirent une maison parmi les autres et elles vécurent heureuses avec leur maman, l'éléphanteau et la maman éléphant.

Mais un jour...

 

Chapitre 4 Billiers

Mais un jour, alors qu'Aziouk dormait profondément, un sifflement la réveilla en sursaut. C'était un cobra royal. Pétrifié de peur, Aziouk resta collée aux bambous de son lit.

Heureusement, leur mangouste apprivoisée se dressa entre eux.

Le serpent ondulait en gonflant sa collerette, mais la mangouste ne recula pas. Soudain, le cobra se détendit et projeta sa tête en avant. La mangouste évita la morsure et pris sa nuque entre ses dents. De sa mâchoire puissante, elle la lui brisa...

Aziouk était sauvée et embrassa la mangouste.

Le lendemain, Aziouk, après avoir donné la tête du serpent à la mangouste, prépara le reste comme repas de fête. Elle le découpa en morceaux qu'elle frotta avec des herbes de la jungle, qu'elle enfila sur des baguettes de bois vert et qu'elle disposa au-dessus de braises ardentes. Mais alors qu'elle retournait les brochettes, sa robe s'enflamma et elle se mit à hurler...

Splashhh... !

Un puissant jet d'eau a noyé les flammes. Rana, l'éléphanteau, en train de se désaltérer dans son abreuvoir est accouru aux cris d'Aziouk, la trompe pleine, et l'a arrosée à temps.

Aziouk, dégoulinante, le visage noir, les cheveux roussis et la robe en lambeaux saute au coup de son ami et sauveur en lui promettant un cadeau...

 

Chapitre 5 Houat

Sachant que l'éléphanteau raffolait des cacahuètes, Aziouk lui en offrit un énorme sac. L'éléphanteau dressant sa trompe, barrit de joie lorsqu'il découvrit ce cadeau appétissant.

Un matin, Aziouk et Ray découvrirent leur maman malade. Sa peau était pâle, son front brûlant, elle parlait si doucement que Aziouk et Ray pensèrent qu'elle allait mourir. Les deux fillettes, décidèrent d'aller chercher leur oncle guérisseur qui habitait à Darjeeling.

En début d'après-midi, elles préparèrent leur sac de nourriture et de cacahuètes. Un habitant du pays qui passait par là, les aida à monter dans le panier qui était attaché à la maman de l'éléphanteau, car c'était sur son dos, qu'elles allaient voyager.

Après que la maman de l'éléphanteau eut beaucoup marché, elles s'arrêtèrent pour préparer un feu. La nuit passait lentement, et elles s'endormirent. A l'aube, elles découvrirent derrière quelques arbres, un temple. Dans ce temple il y avait un archéologue. Il proposa de les accompagner à Darjeeling en 4x4. Après le voyage, ils arrivèrent à Darjeeling. Elles remercièrent l'archéologue et marchèrent jusqu'à la maison de leur oncle. Elles lui expliquèrent ce qui s'était passé.

L'oncle leur dit : « Je crois connaître des plantes médicinales qui pourront la guérir. »

Aziouk demanda : « Peux-tu nous amener à ces plantes ?

- Oui, répondit l'oncle, mais ce voyage sera difficile, car ces plantes ne poussent que dans les hauts sommets de l'Himalaya. »...

 

Chapitre 6 Damgan

« Où allons-nous trouver les plantes ? » demande Aziouk.

L'oncle répond :

« Ha, ha ! Ça dépend des plantes, elles ne sont pas toutes médicinales. Les plantes que nous cherchons, nous les trouverons au Tibet. »

« Le Tibet ? Qu'est-ce que c'est le Tibet ? » s'interroge Ray.

« Le Tibet est un pays grand comme six fois la France, il est bordé par les plus hauts sommets du monde. D'ailleurs Aziouk regarde devant toi, cette magnifique chaîne de montagnes, c'est l'Himalaya ! » déclare l'oncle.

« Hoye !!! s'écrie Aziouk émerveillée, il faut une nuit pour traverser cette chaîne de montagnes. »

L'oncle rétorque : « Non, il faut au moins trois nuits pour arriver au sommet de l'Everest. C'est le plus haut sommet du monde, il atteint 8 848 m. »

« Hé, on n'aura pas d'oxygène là-haut, s'inquiète Aziouk, on ne pourra pas respirer ! »

« Il nous faudrait beaucoup de matériel, répond l'oncle, et je ne vous parle pas de l'homme des neiges : le yéti ! »

« Ho la la !!! moi je n'y vais pas, dit Ray, c'est trop dangereux ! »

L'oncle proteste :

« Nous sommes obligés de le faire, pour sauver votre mère. »

Aziouk demande : « Mais, n'y a t-il pas une autre solution ? »

Ray propose : « Nous pourrions prendre le train. »

L'oncle juge : « Bonne idée ! »

Aziouk interroge : « D'accord, mais où allons-nous trouver un train ? »

L'oncle explique :« Au cours de mes voyages, je prenais souvent le train et j'ai remarqué qu'ils passaient souvent près des fleuves. Justement pas très loin d'ici, le Bramapoutre coule et longe l'Himalaya vers Lhassa et le Tibet ... »

 

Chapitre 7 Billiers

A la gare de Lhassa, Aziouk, Ray et l'oncle montent dans le petit train à vapeur peu puissant, ils s'assoient sur un banc moisi, sale et cassé où s'entassent des adultes, des enfants et des animaux dont l'odeur gène les passagers. Aziouk et Ray y trouvent un certain plaisir, alors que leur oncle habitué au confort du 4x4 râle.

Après un long trajet, ils arrivent au village de Butor. Les deux enfants sont très fatigués, ils se lient d'amitié aux autres enfants du village.

Mais il faut se lancer à la recherche du monastère de Lin tun tang.

Après avoir rassemblé le matériel d'escalade, ils partent vers des pics verticaux, des parois vertigineuses, des ponts de corde instables et enfin le monastère de Lin tun tang se dresse devant eux, accroché au rocher comme une bernique solitaire.

Aziouk sort de sa poche une corne et souffle trois fois dedans. Ils s'installent dans des paniers d'osier qui montent lentement en se balançant dans le vide, c'est effrayant ! Enfin, ils arrivent à une plate-forme. Les moines ouvrent une petite porte grinçante et les conduisent au moine supérieur qui leur demande ce qu'ils veulent et la raison de leur visite. L'oncle demande des gentianes et de la camomille pour guérir une maladie intestinale. Le moine dit : « Vous dormirez ici. », et il les installe dans une petite cellule, devant un plat de riz.

Le lendemain, le moine donne les plantes à l'oncle et ils décident de revenir par la Chine.

 

Chapitre 8 Houat

L'oncle explique au moine supérieur qu'ils doivent rentrer au plus vite auprès de la maman des deux fillettes. Quelques moines les raccompagnent jusqu'au panier pour redescendre au pied du monastère. Ils s'installent dans le panier d'osier. Après une descente rapide et impressionnante, les voilà arrivés au sol.

Ils se mettent en marche vers le sud-est. En cours de route, ils rencontrent des policiers chinois qui les arrêtent pour le vol de statuettes très précieuses. Ils les conduisent dans une minuscule cellule sombre et crasseuse. Pendant cette semaine horrible, ils ne mangent que du riz et ne boivent que de l'eau. Le dernier jour, les policiers préviennent l'oncle et les deux filles qu'ils ont trouvé les vrais coupables et qu'ils sont donc libres. Nos amis leur explique qu'ils doivent retourner au chevet de leur mère qui est gravement malade. Alors, pour s'excuser, le chef des policiers leur propose de les raccompagner en avion jusqu'au Bengale.

Ils montent dans l'appareil, l'hélice se met à tourner et l'avion décolle enfin. Après avoir survolé l'immense chaîne de l'Himalaya, ils atterrissent six heures plus tard au Bengale. Ils se précipitent vers leur mère et l'oncle la soigne avec les plantes médicinales. Le lendemain matin, elle se sent déjà mieux et deux jours plus tard elle est complètement guérie.

L'oncle peux enfin rentrer chez lui à bord de l'avion. Celui-ci s'éloignent et tous nos amis agitent leurs bras pour lui dire au revoir.

 

 FIN